Être locavore: introduction

Crédit photo: www.savethegreen.fr

L’autre jour sur la page Facebook du blog, j’ai inauguré une nouvelle rubrique dont le principe est de vous proposer, sur une base probablement hebdomadaire des recettes que j’ai testé et approuvé (à ce propos allez donc tester la recette de tomates confites de cette semaine, vous m’en direz des nouvelles). Ces fameuses recettes seront principalement préparées à base de produits de saison (je m’attends à une panne d’inspiration en hiver…) et surtout locaux. Cette dimension est très importante pour moi à bien des égards. D’abord parce que j’ai été éduquée et nourrie principalement de cette manière, ma mère allait toutes les semaines au marché, au gré des saisons, se fournir en fruits, légumes de saison ainsi qu’en fromage. Elle allait également deux fois par année dans une ferme pour acheter de la viande que nous congelions puis que nous consommions le reste de l’année. Mon grand-père, ancien cuisinier, nous fournissait en framboises et myrtilles de sa région et préparait un jambon cru extraordinaire avec des cochons élevés dans son village. Tout était bien meilleur qu’au supermarché et souvent bien plus sain et plus économique. Bref, j’arrête là mon autobiographie mais vous avez compris le tableau, chez moi on était le plus souvent possible « team marché de quartier » que « team IGA ou Loblaws ».

Ensuite en grandissant j’ai compris que l’enjeu de la consommation locale ne se résumait pas qu’à un rapport qualité-prix. C’était également un partie prit au beau milieu de problématiques multiples. Bien sûr, l’enjeu de la qualité était toujours là (je ne vous fais pas de dessin sur les animaux élevés en batterie ou les fruits et légumes dopés au pesticides) mais surtout il s’agissait de conscience sociale. Choisir de privilégier des petits producteurs au détriment des épiceries, ce n’est pas un choix économique et écologique anodin. J’oserais même dire que c’est un geste citoyen engagé.

Mais d’abord, être locavore en quoi cela consiste exactement?

En gros et selon la stricte définition du Larousse, il s’agit d’un consommateur qui décide de ne consommer que des fruits et légumes de saison pour contribuer au développement durable.
Selon moi, cette définition est un peu restrictive puisque dans les faits, un locavore ne se contente pas de fruits et légumes de saison, cela peut également englober la consommation locale de viandes, de produits de la mer, de produits laitiers, de produits céréaliers ou encore de toutes formes de boissons (alcoolisés ou non). Bref tout ce qu’on met dans notre assiette dans nos verres. Par extension, cela signifie aussi consommer au rythme des saisons avec ce que la nature nous offre en fonction de la période et de la région dans laquelle on se trouve.

Mais local ça veut dire quoi exactement?

Bonne question surtout lorsqu’on vit dans une province de plus d’un million de kilomètres carrés. Selon Jessica Prentice, la pionnière du mouvement « locavore » (en 2005, à San Francisco) cela englobe un périmètre de 160 km (Wikipédia est plus relax il va jusqu’à 250km). Donc ce que l’on mange « doit » (vous remarquerez les guillemets, je ne fais pas dans le prosélytisme) avoir été produit à l’intérieur de ce rayon de 160 km. Donc mauvaise nouvelle pour vous, vos beaux avocats du Mexique si instagramables sont hors périmètre…#sorry
Plus sérieusement, selon où on vit et selon la grandeur du territoire qui nous entoure, cela peut paraître peu ou énorme. Aussi, on parle bien de production locale pas seulement d’assemblage ou de fabrication. Par exemple, si une compagnie à côté de chez vous produit de la confiture « artisanale » avec des fraises de Floride, cela ne compte pas. Dans un territoire aussi large que le Québec, les 160 km sont facilement dépassés et vos belles fraises de l’île d’Orléans sont déjà out.
Après, il s’agit de faire preuve d’un peu de flexibilité et de jugement. Appliquer ces principes à la lettre avec trop de rigidité, c’est la meilleur moyen de se compliquer la tâche et se décourager. Par exemple, il y a un fossé énorme entre acheter des fraises de Floride et acheter des fraises de l’île d’Orléans, alors effectivement l’île d’Orléans ce n’est pas la porte à côté mais tout de même, c’est un bon début. Vous connaissez le dicton, un petit pas pour l’Homme un grand pas pour…une consommation plus réflechie (ah bon c’est pas ça?).

Comme vous l’aurez compris, cette problématique m’intéresse beaucoup et comme il est vraiment difficile de l’approfondir en un seul article, j’ai décidé de faire comme une sorte de dossier spécial « consommation locale » incluant une série d’articles étalée sur plusieurs semaines. Ces derniers aborderont cette thématiques sous différents angles ainsi que les points de vue de différentes personnalités militant pour le mouvement locavore.  Bref, pleins d’informations intéressantes qui j’espère aboutiront à de constructifs échanges avec vous.

À bientôt pour la suite des évènements!

Crédit de l’illustration: savethegreen.fr

E.A.U

Bonjour!

Ceci est un retour timide, incertain et un peu brouillon. Vraiment, excusez mon absence de ces derniers jours (mois) mais avec un bébé à la maison on blogue un peu quand on peut. Pourtant, je vois passer plein d’infos, d’évènements ou d’actualités que j’aimerais partager ou élaborer ici mais la plupart du temps, cela m’est sorti de la tête avant même que je n’ai eu le temps d’ouvrir Word…Bref!

Hier pour cause de travaux dans ma rue, l’eau était coupée pour toute la journée. La veille, quand je l’ai su j’ai comme un peu paniqué. Hein? Quoi? Plus d’eau de toute la journée? Mais comment allais-je faire pour me doucher, me laver les mains, cuisiner ou laver mon linge?
Ce qui est drôle c’est que quelques jours avant j’avais dévoré le dernier numéro de Caribou intitulé EAU* et que dans la même journée j’avais regardé le documentaire Demain**.
Pourquoi je vous raconte ça? Parce que les deux mettent, entre autre, en exergue le rôle essentiel de cette ressource naturelle qui fait vivre des milliards d’être humains sur Terre. Un jour, cette ressource viendra à manquer définitivement, je le sais, nous le savons tous, nous en avons conscience. Et pourtant!
C’est fou comme soudainement une ressource qui nous est acquise et accessible depuis le début de notre existence peut se révéler aussi indispensable dans notre quotidien. C’est comme si on la consommait (gaspillait?) instinctivement sans trop se soucier qu’un jour elle viendra à manquer pour de bon et pas juste pour une journée.
C’est fou comme ce qu’on prend pour acquis, d’autres se battent et prient chaque jour pour y avoir droit.

En tout cas ce genre de mésaventure permet de remettre les choses en perspective et donne surtout l’envie de se battre et d’agir un peu chaque jour, pour sa survie et par extension pour la nôtre et celle de l »humanité toute entière. Et puis cela porte aussi à réflexion, que pourrait-t-on faire si l’eau venait à manquer? Par quoi pourrions-nous la remplacer? Elle semble tellement essentielle et irremplaçable…

Demain-Le-film

* Si vous ne connaissez pas le magazine Caribou, foncez vous le procurer, il est génial et j’en ai déjà parlé ici.

** Documentaire réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion. Un docu exceptionnel et plein d’espoir qui met de l’avant toutes les petites et grandes initiatives qui œuvrent concrètement pour sauver la planète.