Les marchés publics au cœur de la consommation locale

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On poursuit notre série d’article dédiée à la consommation locale, pour ce faire j’ai voulu solliciter le point de vue d’entreprises, d’associations ou de personnalités québécoises dont la mission est de soutenir et d’encourager la consommation locale. Une bonne manière d’en apprendre davantage sur les enjeux et les défis en plus de nous permettre à nous consommateurs, d’acquérir des pistes de réflexion ou des solutions concrètes pour consommer plus localement.

La première à nous partager son point de vue et sa vision est l’Association des Marchés publics du Québec .
Entrevue avec Marie-Ève Riendeau, directrice de la communication de l’Association.

En quelques mots, pouvez-vous nous décrire la mission de l’association des marchés publics du Québec?

L’Association des Marchés publics du Québec (AMPQ) vise à soutenir l’émergence, le développement et la promotion du réseau des marchés publics québécois au profit des communautés locales, des producteurs et des transformateurs artisans de l’agroalimentaire québécois.

Plus concrètement, voici quelques-uns de nos champs d’intervention :

  • Promotion et valorisation du réseau des marchés publics;
  • Soutien aux responsables de marchés et aux intervenants du milieu dans le démarrage et la consolidation de marchés publics;
  • Représentation des marchés publics auprès des différents niveaux de gouvernance;
  • Développement d’outils pour soutenir les marchés publics dans leurs activités;
  • Appui aux marchés publics dans le déploiement de leurs différents projets;
  • Diffusion d’études sur les retombées économiques engendrées par les marchés publics.

 

Vous couvrez un territoire très large qui inclue l’ensemble de la province et des territoires. Est-ce que la grandeur du territoire de la province modifie la perception de l’achat local (ndlr Selon la définition établie, « local » implique un rayon de 150 à 250 km)? Par exemple, est-ce acheter des crevettes de la Gaspésie lorsqu’on habite Montréal est encore un achat local?

C’est une excellente question! Les marchés publics permettent l’achat local, certes, mais ils se distinguent surtout par le fait qu’ils s’inscrivent dans un réseau de commerce de proximité (circuit court). Pour nous, le commerce de proximité revêt deux dimensions importantes. D’abord, ça signifie que les produits vendus en circuit court vous sont généralement vendus par la personne qui les a cultivés ou transformés; ensuite, ça signifie également que, dans la plupart des cas, ces mêmes produits sont cultivés ou transformés à proximité du lieu de vente.

Autrement dit, acheter dans un marché public, c’est redonner à sa communauté puisque, dans la plupart des cas, l’argent qui est y dépensé se retrouve directement dans les poches d’un producteur ou d’un transformateur de son coin.

En ce qui concerne l’achat local, bien qu’il s’agisse d’une expression difficile à définir, nous nous rangeons du côté du gouvernement de l’Ontario qui a défini, en 2013, les aliments locaux comme étant les produits cultivés ou transformés en province. Un article très pertinent a d’ailleurs été publié récemment sur cette question[1]. Au final, acheter des crevettes de la Gaspésie quand on habite à Montréal serait de l’achat local tandis qu’acheter de la viande de bison en marché public dans la ville même où il est produit serait de l’achat de proximité : ces deux types d’approvisionnement peuvent très bien cohabiter.

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L’AMPQ, en tant que réseau alternatif de commercialisation, quels sont les principaux défis auxquels vous devez faire face?

Bien que les marchés publics connaissent un succès grandissant, il n’en reste pas moins qu’ils ont de nombreux défis à relever. Par exemple, cet engouement peut rendre difficile le recrutement de producteurs et de transformateurs. En effet, tandis que plusieurs marchés voient le jour, les producteurs et transformateurs doivent choisir leurs lieux de vente, ce qui fait en sorte que certains gestionnaires ont de la difficulté à trouver des marchands. Ce phénomène peut limiter l’offre de certains marchés et, du même coup, réduire l’intérêt des clients envers ces marchés. Cela dit, de plus en plus de producteurs et de transformateurs s’intéressent à la vente en marché public, ce qui permet d’équilibrer le tout.

Ensuite, la diversité de l’offre est un élément très important pour susciter l’intérêt de la clientèle. Cela dit, des règlements limitent la vente de certains produits en marché public. Par exemple, jusqu’à très récemment, il était interdit de vendre des œufs frais au marché. Cette année, l’AMPQ, en collaboration avec la Fédération des producteurs d’œufs du Québec et la CAPÉ, a travaillé très fort pour que cette réglementation soit assouplie. Ainsi, pour la saison 2015, un projet-pilote a été mis en place afin de permettre à 50 marchands de vendre leurs œufs non classés dans les marchés publics. Ultimement, nous aimerions également intégrer la bière, qui est actuellement interdite dans les marchés publics. Notre objectif est donc de permettre à plus de producteurs et de transformateurs d’ici d’accéder au réseau de commercialisation qu’offrent les marchés publics, ce qui permettrait également de diversifier l’offre de produits offerts aux clients.

Finalement, l’AMPQ doit également offrir de la formation en continu à ses marchés. En effet, comme les producteurs agricoles se présentent souvent eux-mêmes au marché pour aller vendre leurs produits, ils doivent développer des compétences en matière de service à la clientèle et de marketing. Malgré tout, la vente en marché public demeure un défi professionnel très intéressant pour eux puisqu’ils sont appelés à diversifier leurs compétences et à devenir très polyvalents. Cela leur permet également de recevoir les commentaires de leurs clients, de créer des liens avec eux.

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Dans mon précédent article, j’avais écrit que choisir d’acheter local est un acte citoyen engagé, êtes-vous d’accord avec cette idée?

 Pour nous, acheter local ça permet de faire une très grande différence dans son milieu. C’est une façon de redonner à sa communauté tout en profitant de produits frais et de qualité.

Quand vous achetez du maïs d’un producteur, c’est lui directement qui en profite après tout le labeur que ça demande. Ce dernier pourra donc utiliser les services d’un plombier, qui lui achètera son vélo chez une entrepreneure locale. C’est cette dernière qui fera appel au service de comptabilité que vous offrez. L’achat local, c’est gagnant pour tout le monde… surtout pour soi-même!

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Que répondez-vous aux consommateurs qui boudent les marchés l’hiver pour le manque de diversité des produits disponibles?

Il est vrai que notre pays a des conditions particulières pour l’agriculture. L’hiver, il nous est impossible d’avoir accès à une grande variété de fruits et de légumes. Cependant, l’offre des marchés publics est loin d’être limitée aux produits maraîchers. Il y a toute une gamme de produits intéressants : de la viande aux fromages en passant par les pâtisseries et le pain. Ces produits, heureusement pour nous, sont disponibles toute l’année!

Durant la saison froide, continuez de visiter les marchés publics, ce sera pour vous une occasion de faire de nouvelles découvertes. Pour ce qui est des fruits et des légumes d’ici, la meilleure façon de les consommer toute l’année, c’est de faire des réserves en congelant ou encore en mettant en conserve certains aliments lorsque c’est l’abondance dans les marchés.

Mentionnons aussi qu’avec la culture en serre, certains fruits et légumes sont disponibles sur une plus grande période.
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Et enfin, la Semaine québécoise des Marchés publics se tiendra du 12 au 21 août, pouvez-vous nous en dire plus sur cet évènement?

La semaine québécoise des Marchés publics, c’est un événement national où plusieurs marchés se réunissent pour célébrer les richesses du monde agroalimentaire québécois. Pour l’occasion, une cinquante de marchés publics répartis à travers la province proposent diverses activités pour faire découvrir aux Québécois les richesses de leur terroir. Cette année, c’est sous le thème « De la terre à la table » que se déroulera l’événement. La liste de l’ensemble des marchés participants ainsi que les activités offertes sont disponibles au www.ampq.ca.

La semaine québécoise des Marchés publics c’est également une occasion de sensibiliser la population à l’importance d’acheter local. Cette année, nous avons entrepris de réaliser des capsules vidéo visant à mettre en lumière le travail des producteurs et des transformateurs d’ici. Vous êtes invités à suivre notre page Facebook pour visionner ces capsules. Elles seront mises en ligne durant la Semaine québécoise des Marchés publics.

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[1] http://ici.radio-canada.ca/regions/ontario/2016/07/04/001-achat-local-tentative-definition.shtml
Crédit photo: AMPQ

En bref et en images #6

Me voici de retour après quelques jours de repos qui m’ont fait le plus grand bien. J’en ai profité pour me déconnecter un peu, toutefois voici quelques nouvelles et actualités dont j’ai entendu parlé.
Donc cette semaine, j’ai:

Applaudi l’initiative que Jamie Oliver vient d’instaurer dans ses restaurants. Toujours dans la même lignée que son combat contre la mal-bouffe, le chef vient d’instaurer une taxe supplémentaire sur le prix des sodas vendus dans ses restaurants. Et non, le chef n’ira pas se mettre ces bénéfices dans les poches puisqu’il prévoit de tout reverser à l’association caritative Sustain qui milite pour de meilleures alimentation et une agriculture.
Pour en savoir plus.

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Lu avec attention ce compte rendu d’une journée à Vinexpo 2015 qui met de l’avant l’essor du marché américain. Premiers consommateurs au monde, les Américains ont soif de vin et le font savoir.
Pour en savoir plus.
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Découvert en détail les mythes et réalités de l’alimentation japonaise. Entre tradition et américanisation on en apprend davantage sur le régime nippon souvent cité comme un exemple en terme d’alimentation santé.
Pour lire l’article au complet.

Photo: Koji Sasahara Associated Press
Photo: Koji Sasahara Associated Press

– Encouragé le défi #boirelocal lancé par Julie Aubé.
Le but? Profiter de l’été pour promouvoir et encourager la consommation de breuvages locaux (alcoolisés ou non). Vive la consommation locale!Pour des idées de boissons et breuvages 100% québécois, suivez le compte Twitter de l’initiative.

Bonne semaine!

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En bref et en images #3

Cette semaine j’ai….

Lu une entrevue intéressante de Zébulon Perron, le grand manitou du design et de la décoration d’intérieur. Sa spécialité? L’aménagement et la décoration des restaurants et des commerces. Pour être allée dans plusieurs endroits où il a œuvré, je peux affirmer qu’il est très doué et doté d’un savoir faire exceptionnel pour capter l’essence du commerce et ainsi créer une atmosphère et une identité qui lui correspond.
Entrevue à lire: ici

Crédit photo: http://www.zebulonperron.com
Crédit photo: http://www.zebulonperron.com

Embarqué dans la cause de Jamie Oliver
et dans son combat pour une éducation alimentaire pour tous. Le Food Révolution Day qui avait lieu le 15 mai a ainsi permis de davantage mettre de l’avant le combat du chef britannique. Son engagement ne date pas d’hier et cela fait plusieurs années déjà qu’il tente de faire réagir et bouger les politiciens sur le problème de l’éducation alimentaire. Il propose notamment de rendre obligatoire la formation sur l’alimentation dans les écoles afin de sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge à l’importance d’adopter une alimentation saine, diversifiée et équilibrée. Lorsque l’on sait que la principale cause de mortalité au Canada sont les maladies causées par un mauvais régime alimentaire, on se dit que son combat est loin d’être vain…
Pour en savoir plus sur son engagement.
Pour signer la pétition.
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Ajouté sur ma liste des endroits à essayer, Cul-sec le nouveau projet du chef Martin Juneau. Le concept? Une cantine-caviste  où l’on peut acheter du vin, repartir avec (à condition de commander quelque chose à manger) ou le boire sur place en dégustant quelques bouchées. Il semblerait que Cul sec propose une grande sélection de vins natures, ce qui n’est pas sans me déplaire.
Cul-Sec: 29, rue Beaubien Est, Montréal

Salué la décision de Metro et de Super C qui s’engagent à donner leurs invendus à Moisson Montréal plutôt que de les jeter. On est d’accord, cela aurait dû être fait depuis longtemps mais réjouissions nous plutôt de ce pas en avant pour contrer un peu plus le gaspillage alimentaire. À terme, ce sera plus d’un milion de kilos de nourriture par an qui seront récupérés et redistribués.
Pour en savoir plus.

Partagé le point de vue de la critique culinaire Lesley Chesterman sur l’arrivée de Joël Robuchon qui ouvrira sous peu un restaurant au Casino de Montréal.
En gros, Lesley Chesterman s’interroge sur la pertinence de faire venir un chef étranger mondialement connu à Montréal alors que le Québec regorge déjà de talentueux chefs qui peine déjà à s’en sortir dans ce secteur ultra-concurrencé.
L’intégralité de sa chronique est à écouter: ici

Crédit photo: www.joel-robuchon.com
Crédit photo: www.joel-robuchon.com

Découvert le quotidien de ces cuisiniers qui œuvrent dans les cantines des plateau de cinéma. Cet article sorti récemment (Cannes oblige) retrace leurs parcours, leurs galères et leurs défis dans un métier qui est loin d’être de tout repos.
Article à lire: ici

Crédit photo: Mathieu Zazzo pour L'Express Styles
Crédit photo: Mathieu Zazzo pour L’Express Styles

Bonne semaine!

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